Histoire du Rasage Traditionnel

Le rasage traditionnel, une tradition qui se perpétue !

 

En quoi consiste le rasage traditionnel ?

Difference entre rasage traditionnel et rasage de nos jours
Bien que les instruments de rasage soient de plus en plus évolués, on remarque que le rasage à l’ancienne commence à être de plus en plus apprécié.
Les rasoirs de sûreté et le rasoir droit, abandonnés depuis belle lurette car considérés comme des outils surannés ont actuellement le vent en poupe et sont de plus en plus employés, aussi bien par des professionnels que par des amateurs.

Avec un rasoir, un blaireau et du savon vous pourrez faire des miracles. Un rasoir coupe-choux ou de sûreté traquera les poils les plus récalcitrants et vous aidera à faire un rasage de qualité supérieure, au plus près de la peau pourvu que la lame employée soit de qualité et bien affûtée.

Ensuite et bien que cela puisse paraître incroyable, le rasage à l’ancienne déclenche moins d’inflammation. En effet, le rasoir électrique agresse la peau à force de le repasser maintes fois au même endroit, alors qu’un coupe-choux muni d’une bonne lame bien aiguisée coupera net les poils et d’un seul coup. Bien sûr, vous devriez penser à la propreté du rasoir pour empêcher la prolifération des bactéries. Enfin, il est également prouvé que le rasoir de sûreté empêche les poussées d’acnés.

Sur un autre plan, le rasage à l’ancienne est un bon investissement à long terme, entraînant moins de dépenses. Pour être pragmatique, un coupe-choux de qualité vous reviendra moins cher, il coûte actuellement entre 100€ et 200€ pour un rasoir qui vous tiendra compagnie toute la vie.

D’un autre côté, le rasage traditionnel est associé dans notre imaginaire à l’image un petit peu symbolique du barbier viril affûtant sa lame sur sa lanière en cuir, et, il faudrait bien l’admettre, cela reste plus distingué que l’utilisation d’un rasoir électrique.

Un autre avantage du rasage à l’ancienne avec un coupe-choux est le résultat obtenu : un rasage irréprochable avec une coupe plus nette et plus régulière sur toute la partie rasée.

Le rasage traditionnel : les origines !

Il faudrait peut-être revenir à plus de sept mille ans en arrière pour repérer les traces du rasage traditionnel associé au métier du barbier.
En effet, des fouilles archéologiques avaient permis de déterrer des reliques de rasoirs qui datent de 3 500 av. J.-C. dans des tombes de l’Égypte ancienne.

On retrouva également dans de vieux monuments des papyrus égyptiens et des gravures décrivant des barbiers se servant des rasoirs pendant des rituels religieux. Ces documents montraient les prêtres de l’ancienne Égypte qui représentaient la haute autorité, se faisant raser la barbe et les parties intimes. Ce rituel superstitieux se déroulait tous les 3 jours, faisant du métier du barbier une profession estimée, voire vénérée, et plaçait même les barbiers au centre de la vie religieuse. À cette époque-là, le barbier était par conséquent un métier attaché au sacré. En effet, les Égyptiens pensaient que le rasage contribuait à la purification de la fonction sacerdotale.

En Grèce antique, les barbiers étaient très appréciés. À cette époque, les hommes affichaient une barbe extrêmement soignée, coupée, coiffée et frisée comme leurs cheveux. La boutique du barbier, outre le fait qu’elle est un espace dédié aux soins capillaires, était également un endroit public masculin très populaire, aussi fréquenté que l’Agora, où l’on s’exerçait à l’art de la conversation sur différents thèmes que ce soit politiques, philosophiques ou autres.

À l’époque romaine, les hommes avaient l’habitude de porter de longs cheveux et des barbes, à la manière des tribus gauloises ou germaniques qui se trouvaient plus au nord. En 296 av. J.-Christ, un sénateur romain du nom de Ticinius Mena qui revenait d’un séjour dans une colonie grecque de Sicile, introduisit la tradition grecque des salons de coiffures.

D’ailleurs, dans une pièce romaine qui date du IIIe siècle avant Jésus Christ, on voit le général et le consul Scipion l’Africain complètement rasé. La légende disait que c’était le premier Romain influent que l’on avait aperçu avec le visage rasé.
À cette époque, les barbiers s’appelaient les tonsors, c’était le nom latin et leurs boutiques s’appelaient la tonstrina.
À l’instar des Grecs, les Romains prenaient grand soin de leur apparence, et le métier du barbier, s’apparentant plutôt à un art, devint au cours des siècles une activité largement exercée.
Les Romains passaient alors des heures dans les salons de coiffure pour les soins capillaires. Ces salons s’étaient même transformés en des espaces importants de réunion pour les romains.
Le rasage se faisait seulement avec l’eau et au moyen de rasoirs appelés « novaculae » en bronze affûtés avec des pierres.

Les barbiers avaient d’autres fonctions, ils faisaient des massages capillaires, offraient des soins de pédicure et parfumaient les cheveux. Et, en ces temps, les barbiers avaient commencé également à extraire les dents.
Les patriciens, qui appartenaient à un rang social élevé de par leur naissance, avaient leurs barbiers personnels et on y trouvait même des coiffeurs parmi leurs serviteurs. Les femmes avaient également leurs propres coiffeurs qui faisaient partie de leurs esclaves.

Les barbiers étaient donc très respectés, honorés ; une statue fut d’ailleurs réalisée à la mémoire du premier barbier de Rome.
Le Moyen Âge et les barbiers-chirurgiens !

En 1096, après que l’évêque de Rouen eut interdit aux prêtres d’exercer la chirurgie, des barbiers y virent une opportunité pour varier leurs activités. On les appela les barbiers-chirurgiens et ils composèrent le premier syndicat dans cette cité.
Ce métier se développa en France puis en Angleterre. Les barbiers ne coupaient pas uniquement les cheveux et les barbes, mais assumaient aussi des fonctions de chirurgiens et de dentistes. Ils prodiguaient des soins dentaires et pratiquaient de légères interventions chirurgicales. C’est tout juste quelques siècles plus tard que les barbiers entreprirent de fabriquer des chaises de barbier sur roulettes, avec un appui-tête, des accoudoirs et un repose-pieds.

Le métier de barbier avait acquis tout au long de l’histoire son titre de noblesse, étant parfois plus proche du métier du chirurgien, bien que les coiffeurs fussent exposés aux jalousies de ces derniers. Dans d’autres situations, le barbier était au centre des cérémonies religieuses.

Les barbiers les plus célèbres jusqu’en 1 300 ?

Savoir reconnaitre son type de peau et de barbeAinsi, les barbiers se sont distingués tout au long de l’histoire et avaient occupé un rang social assez important. C’est le cas du coiffeur Meryma’at (1322-1279 Avant-JC) qu’une statue éternisait, d’ailleurs. Il s’occupait du rasage des prêtres du Temple Amun. Ce rite s’accomplissait tous les trois jours et Meryma’at les rasait complètement des pieds à la tête.

La petite statue Meryma’at où on le voit porter un kilt et une perruque qui couronnait sa tête, illustre le prestige que les coiffeurs avaient dans le temple d’Amun et leur position privilégiée.

 

 

 

 

Le rasage traditionnel, jusqu’à nos jours !

Comment tailler sa barbe en fonction de son visage
Dans l’Europe médiévale, le mot « barbier » désignait trois métiers distincts :
– Le barbier, c’est celui qui s’occupait du rasage, et a comme enseigne un bassin blanc
– Le barbier-chirurgien, qui faisait des petites interventions chirurgicales et avait comme enseigne un bassin jaune.
– Le barbier-perruquier, il ne se chargeait que des têtes nobles et faisait partie des domestiques des grandes maisons. C’est le père des coiffeurs contemporains.

Vers la fin du 17e siècle, un édit royal instaure de manière officielle une séparation entre la barberie et la chirurgie, toutefois les chirurgiens de province continuent à exercer en même temps le métier de barbiers, et ce n’est qu’aux alentours de 1750, que la séparation entre les deux métiers fut effective et les barbiers ont pu reconquérir toute leur pertinence sociale.
À la suite de Révolution française, les barbiers faisaient encore des saignées et arrachaient les dents, mais dès 1850, cette pratique fut irrémédiablement écartée de leur métier, qui fut alors restructuré uniquement autour des soins capillaires.

Durant les XVIIIe, XIXe et XXe siècles, les boutiques de coiffeur qui manquaient souvent de faste malgré leur importance partout dans le monde, avaient continué à être un havre de paix permettant aux hommes de chasser pour quelque temps les tracas et le stress de la vie quotidienne.

En 1893, une école de coiffeur, le Moler Barber College, avait vu le jour à Chicago, talonné par la suite en 1899 et 1900 par deux institutions universitaires de coiffure dans l’Iowa.
Dans les vingt années qui suivirent, les coiffeurs barbiers s’étaient imposés comme étant de véritables professionnels qui raccourcissaient les cheveux d’homme et traitaient les troubles capillaires.
Jusqu’à environ 1980, les coiffeurs étaient surtout des hommes. Mais c’est à cette époque-là, que s’opère une transformation. La coiffure n’est plus l’apanage des hommes. La preuve : environ 50 % des diplômés d’école de coiffeurs étaient constitués de femmes.

Cette tendance s’est perpétuée jusqu’à nos jours et presque 50 % de la main-d’œuvre en salon de coiffure appartient à la gent féminine.
Initialement, le coiffeur barbier se chargeait de la barbe et des cheveux des hommes. La majorité du temps, il s’acquittait de sa tâche le dimanche, quand les hommes prenaient le chemin de sa boutique pour leur rendez-vous de rasage dominical.

Actuellement, le coiffeur barbier propose une palette riche et variée de services esthétiques. Il rase, embellit les moustaches, coupe les cheveux, donne des soins. Sa profession est un cocktail subtil alliant tradition et modernité.
De nos jours, pour pratiquer le métier de barbier, il faudrait d’abord faire une formation en coiffure, puis participer à des stages de barbier chez des formateurs attitrés.

Le barbier du XXIe siècle est un spécialiste de la coiffure qui avait suivi une formation spécialisée dans le rasage et le modelage de la barbe et également dans les soins à appliquer pour qu’elle garde toute sa splendeur.
Cette spécialité, qui est en même temps un composé de tradition et de modernisme, pourra également s’obtenir ou s’affûter par des stages d’initiation et de perfectionnement chez les grands maîtres barbiers. En fait, tout le savoir-faire du barbier repose sur la manipulation habile de ses instruments, surtout du coupe-chou.
Le rasage traditionnel est un art qui n’avait pas pris la moindre ridule à travers le temps puisqu’il s’est toujours adapté à tous les goûts du jour.

Les barbiers illustres qui ont fait l’histoire !

Parmi les barbiers connus, on pourrait citer le père de la chirurgie moderne Ambroise Paré, décédé en 1590.

Ce fils d’agriculteur a reçu au départ peu d’instruction, mais on le remarqua pour son intelligence et son adresse quand il commença à travailler comme apprenti chez le chirurgien-barbier d’un comte. Il rasait les poils, rafistolait les perruques et allait ici et là soigner les ulcères. Il deviendra par la suite aide-soignant d’un barbier d’Angers, ensuite, il exerça à Vitré en compagnie de son frère Jean, également chirurgien-barbier.
Intéressé par l’anatomie, il intégra la Faculté de la médecine de Paris et devint le disciple des illustres chirurgiens de l’époque. Il publia de nombreux ouvrages sur l’anatomie. Il s’attacha au service du baron René de Montjean pour des raisons pécuniaires, et deviendra en 1536 maître barbier-chirurgien.

Ambroise Paré inventa de nombreux instruments, et contribua fortement au perfectionnement et à la vulgarisation d’une nouvelle technique de cautérisation.

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